Mouvement de Résistance Sociale aux Conditionnements Psychologiques Créés par les Médias et par les Pouvoirs Politiques.
VOL. 01Thursday 9th September, 2010NO.001



Le Saviez Vous?
Nous ne sommes plus aujourd'hui un gouvernement de libre opinion et de conviction appuyé par le vote d'une majorité, nous sommes désormais un gouvernement sous l'emprise de l'opinion et la contrainte d'une minorité d'homme influents et dominants.

- Woodrow Wilson, ancien président des États-Unis, 1919.


« À défaut d’avoir recours à la force pour contrôler les populations,
on peut parfaitement les contrôler par l’opinion
»
- Harold Laswell, spécialiste des médias.


Chaque jour, nous nous formons des opinions, sur notre nouveau voisin, sur de nouveaux produits, sur les candidats aux élections, sur des découvertes scientifiques, les religions et croyances et sur ce qui se passe ici et ailleurs. Bref, on peut facilement dire que l’être humain en est un d’opinion.

Lorsque vient le temps de construire notre réalité, nous sommes tous submergés d’informations diverses. D’une part, nos informations proviennent de notre expérimentation directe, donc de nos cinq sens, et d’autre part, de l’expérimentation indirecte, c'est-à-dire d’une source d’information tierce : nos proches, nos voisins, nos collègues, et dans la majorité des cas, des médias.

Notre cerveau collige toutes ces informations, lesquelles nous sont ensuite très utiles lorsque nous portons un regard sur le monde. Et hop! Tout ceci est analysé et devient ce que nous pensons être notre réalité.

Et voici que se pointe à l’horizon une question de taille : sommes-nous sûrs de ce qu’est notre réalité, de ce qui est vrai et juste, ainsi que de ce qui ne l’est pas?

De tous les sujets sur lesquels nous nous formons une opinion, quelle proportion provient de notre expérience directe par rapport à notre expérience indirecte, c'est-à-dire d’informations provenant de ce que disent les autres, et dans la majeure partie des cas, des médias?


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Il est largement admis en psychologie actuellement que la majorité des comportements que nous adoptons dans notre quotidien sont conditionnés par les événements passés, qui ont pu être douloureux ou magnifiques, et par notre éducation.

Nous devons toutefois être conscients que ce processus existe non seulement au niveau individuel, mais aussi au niveau social à l’échelle des populations et être conscient du danger que cela représente, car c’est ce qui crée les racismes, les haines et les discriminations.



Vous trouverez l'ensemble des plaintes qui seront déposées le 17 juillet ici.

You will find all the complaints which will be presented on July 17th here.
__________________________________

Pour connaitre l'ampleur de la discrimination subie par les Raëliens depuis 15 ans, le MORÉCOMP vous invite à regarder attentivement la vidéo ci-dessous:

Droits de l'Homme Sans-Frontières : Le Mouvement Raëlien dans le collimateur des télévisions francophones
Par Willy Fautré
Chercheur

Belgique - Le 17 octobre 2001, TV 5 qui s’adresse en priorité aux pays francophones d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Afrique a rediffusé un reportage tout récent du magazine Au nom de la loi de la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) intitulé «Raël, le dernier des prophètes». (1)

Dans le présent article, Droits de l’homme sans frontières se livre à une analyse de la méthodologie utilisée par les journalistes belges Gérard Rogge, Michel Renard et Marc Deschamps responsables de ce reportage. Pour compléter certaines informations, Droits de l’homme sans frontières a interrogé des raëliens belges qui avaient été interviewés au cours de l’émission.

Droits de l’homme sans frontières ne prend pas position sur les doctrines ou pratiques des mouvements religieux mais condamne tout acte contrevenant aux lois.

Toutefois, une étude du mouvement raëlien, du point de vue des droits de l’homme, figure sur son site http://www.hrwf.net. On y trouvera notamment des informations sur des procès engagés contre ou par le mouvement raëlien dans les pays francophones européens. Des lectures plus approfondies y sont également conseillées, notamment les ouvrages de Susan Palmer, professeur de sciences religieuses au Dawson College à Montréal (Canada), du Prof. Alain Bouchard (Canada) et de l’historien français Cherblanc.

Le scénario
Dès l’introduction, les journalistes annoncent la couleur. Le Mouvement Raëlien est une secte dangereuse : il encourage la pédophilie et se livre à la récolte de fonds abusive. Ce sont les rapports des commissions parlementaires d’enquête sur les sectes en France et en Belgique qui l’affirment (2). Pendant près d’une heure, l’émission Au nom de la loi va mener son enquête et accumuler informations, documents et témoignages allant dans le sens des conclusions de ces commissions.

L’image négative du mouvement est posée dès l’entrée de jeu. Tout au long du reportage, elle sera renforcée par d’autres charactéristiques mises en évidence par Au nom de la loi :

- le charisme de Raël auprès de ses adeptes, et surtout des jolies filles, un personnage qui n’a jamais pu trouver le succès comme chanteur, coureur automobile ou journaliste mais qui joue la star dans ces trois rôles devant son nouveau public depuis qu’il aurait vécu une rencontre du troisième type et reçu la mission des Elohim de proclamer un message à l’humanité ;

- la liberté sexuelle totale entre adultes ;

- la promotion toute récente du clonage.

Les aspects positifs du mouvement ont été exprimés par les membres actuels.

L’émission se termine en force, comme elle avait commencé, c’est-à-dire avec des accusations très dures sans démonstration et sans possibilité de se défendre pour Raël et/ou ses porte-paroles: le mouvement raëlien est d’essence fasciste ; il veut installer un système politique baptisé « géniocratie » ; il veut refuser le droit de vote aux personnes n’ayant pas un Q.I. élévé et laisser la direction des affaires du monde et des États aux gens intelligents ; il veut créer une race parfaite.

Malgré les occasions de s’exprimer et de se défendre offertes à certains moment aux raëliens, cette dernière salve d’accusations ne sera pas suivie de la version des accusés et laissera donc l’impression chez les téléspectateurs que le Mouvement Raëlien est une secte dangereuse. Ce qu’il fallait démontrer.

Choix des personnes interviewées
Contrairement à beaucoup d’émissions sur les sectes, Au nom de la loi a très largement donné la parole au fondateur-dirigeant du mouvement, à divers représentants nationaux et à des membres de Belgique et de France. Aucun ancien Raëlien n’a été interviewé. Par contre, l’ex-épouse d’un raëlien et une animatrice du Centre contre les Manipulations Mentales (CCMM), un mouvement anti-sectes français (3), ont eu le droit à la parole à quelques reprises.

Comme dans toutes les émissions de télévisions francophones sur les sectes, aucun sociologue des religions ayant sérieusement étudié le mouvement n’a, une fois de plus, été interviewé.

Procès contre Raël et ses entités juridiques dans divers pays
Au nom de la loi n’a fait état d’aucune affaire de ce genre qui aurait été portée devant les tribunaux :
- pas de procès intentés par d’anciens membres
- pas de détournement de fonds
- pas de viol ou d’abus sexuels de la part de Raël ou de son « clergé ».

Quelques accusations et leurs fondements, et possibilités de défense des accusés

1. Collecte abusive de fonds, exploitation financière des membres et opérations financières suspectes ?

Vente des livres de Raël : Au nom de la loi sous-entend que Raël s’enrichit par la perception de ses droits d’auteur sur le dos du travail de ses adeptes qu’il pousserait à vendre ses livres. Aucune question n’est toutefois posée à Raël ou à ses porte-paroles pour en savoir davantage sur le nombre de livres vendus chaque année, sur une cible de vente éventuelle à atteindre par chaque membre et sur l’importance des rentrées financières provenant des droits d’auteur.

Les raëliens belges interrogés par Droits de l’homme sans frontières ont déclaré qu’ils ne vendaient des livres que très occasionnellement et qu’ils n’avaient aucune obligation en la matière (4).

Cotisations : « Selon leur grade, les adeptes du mouvement offrent de 3% à 11% de leur salaire net annuel », déclare Au nom de la loi. Toutefois, le caractère non contraignant des cotisations mensuelles des membres (5) est bien exprimé par le témoignage d’un raëlien belge qui contredit (ou tempère ?) le point de vue initial des journalistes belges.

Financement de la construction d’une ambassade pour les extra-terrestres : La construction d’une ambassade terrestre pour accueillir les extra-terrestres devrait coûter 25 millions de dollars. La moitié de la somme aurait déjà été réunie selon le bras droit de Raël, Gérard Jeandupeux. Il ne lui a toutefois pas été demandé en combien d’années. Réponse : 25 ans.

L’argent, qui appartient à et est géré par le Mouvement Raëlien International (Président : Raël), est placé en bourse et fructifie, selon Jeandupeux. L’allusion au placement des fonds dans des banques du Liechtenstein, du Luxembourg et de Suisse, présentées comme les « paradis fiscaux du prophète », conduit à l’allégation, non démontrée dans l’émission, de pratiques financières douteuses. Au nom de la loi ne fait non plus aucune référence à l’ouverture d’enquêtes ou à des procès en la matière.

Contribution financière aux courses automobiles de Raël : « Des cotisations spéciales sont payées au Raël Racing Team, une fondation destinée à permettre au prophète de s’adonner à son sport favori, la course automobile » déclare Au nom de la loi.

Interviewé sur l’origine des fonds, Raël répond aux journalistes « Ce sont les gens du mouvement qui veulent me voir courir. C’est vraiment à part. Ce n’est pas l’argent de l’organisation. Il y a environ un millier de personnes qui financent mes courses ».

En d’autres termes, ce sont les sponsors de Raël dont la voiture portant son nom sert de publicité au mouvement. Train de vie luxueux sur le dos des raëliens? Suit immédiatement une séquence montrant Raël avec des dizaines d’adeptes dans un hôtel quatre étoiles à Spa. « Les adeptes sont survoltés. Un fan club qui ferait pâlir d’envie Michel Schuhmacher lui-même », commente le journaliste.

Le quartier-général de la secte et les appartements luxueux de la secte : « Rien n’est trop beau pour le dernier des prophètes. Avec les cotisations de ses adeptes, il a fait construire la copie conforme de la soucoupe volante des Elohim. Nous sommes à Ufoland, le pays des OVNI, le quartier-général de la secte.

Situé à Valcourt, au beau milieu des forêts du Canada, Ufoland abrite un musée mais aussi les luxueux appartements du prophète. Il s’y repose entre deux courses ou deux voyages inter-planétaires ». En fait, l’OVNI est une œuvre assez rudimentaire en carton-pâte et aucune image n’est venue attester du luxe (6) de l’appartement de Raël.

Captation d’héritage et donation : « Il est aussi conseillé de laisser son héritage à Raël et non pas à ses enfants. Ou mieux encore de faire un don de tous ses biens au Guide des guides de son vivant », affirme Au nom de la loi. Aucune condamnation n’est mentionnée. Aucune preuve ne vient fonder cette accusation dont on ignore la provenance et le point de vue des intéressés n’est pas demandé.

En résumé, aucune des pièces produites ne résiste à l’analyse et l’émission n’a pas pu prouver l’accusation de « récolte de fonds abusive » ou d’exploitation financière des membres faite par les commissions parlementaires française et belge. Toutefois, les journalistes belges ne tirent aucune conclusion sur ce point de leur enquête, ce qui accrédite les accusations stéréotypées à l’encontre du mouvement.

2. Abus sexuels sur des enfants ?

« Des dignitaires raëliens viennent d’être condamnés en France pour corruption de mineures de moins de 15 ans ». Cette information de Au nom de la loi est soutenue par une coupure de presse non identifiée portant le titre « Saint-Etienne : retour sur terre pour les raëliens ». Elle est renforcée par un autre titre ajouté par les journalistes belges: Des prévenus sous influence (7).

Hubert, présenté comme le porte-parole des raëliens pour l’Europe, est invité à réagir. Il souligne que les accusés se sont pourvus en appel et que l’appel est suspensif. Il reconnaît que des dérapages ont eu lieu dans le passé et minimise ce genre « d’erreur ».

D’autres raëliens ont déclaré à Droits de l’homme sans frontières qu’ils ne considéraient pas de tels actes comme des dérapages et qu’ils condamnaient les relations avec les mineures d’âge. Bizarrement, en cette matière juridique, Au nom de la loi reste dans le flou le plus complet à propos de cette affaire. Aucune source d’information n’est mentionnée. Aucun renseignement sur le lieu, la date, les noms des coupables. Au nom de la loi n’a pas tendu son micro à un porte-parole raëlien français pour lui demander de réagir.

« En 1997, à Carpentras, des raëliens sont condamnés à 5 ans de prison pour viol sur une fillette appartenant au mouvement ». A cette accusation s’ajoute une coupure de presse non identifiée dont le titre est par contre très clair « Des raëliens jugés pour le viol d’une fillette ».

Plusieurs sur-titres de la TV, notamment Orgasme cosmique et Quand les sectes avilissent les enfants. Face à cette deuxième accusation grave, Au nom de la loi n’a tendu aucun micro à un porte-parole raëlien français pour clarifier cette affaire.

Selon l’enquête menée par Droits de l’homme sans frontières, les faits seraient différents. En réalité, un raëlien et un catholique ont tout d’abord été accusés de viol sur une fillette et dans le jugement, le seul délit qui a été retenu est celui d’attouchements. De plus, cette fillette ne pouvait appartenir au mouvement car il faut être majeur pour y adhérer. Droits de l’homme sans frontières a appris que le raëlien a par la suite été exclu du mouvement. L’Eglise catholique ne prend pas de telles mesures.

Commentaire de Raël sur la thématique générale de la pédophilie « J’ai toujours été très clair pour dire que la pédophilie est une maladie mentale et que les pédophiles devraient être soignés. Ils sont un danger pour la société, ils sont un danger pour les enfants. Notre position est très clairement expliquée sur notre site internet. On est pour la liberté sexuelle des adultes uniquement ».

Raël dit-il la vérité et est-il sincère? Les journalistes belges en doutent et donnent la parole à Hayat El Mountacir, une des animatrices CCMM, qui soutient que Raël a dans un certain nombre d’écrits anciens incité aux relations sexuelles avec des enfants et à l’inceste.

Et Au nom de la loi poursuit dans ce sens en montrant le bulletin de liaison raëlien n° 105 de 1986. Sur la couverture, une photo de Raël avec un micro et à côté, un extrait lu par un journaliste : « C’est une sensualité différente, marginale certes, mais néanmoins enrichissante et épanouissante tant pour l’enfant que pour l’adulte ».

Or, ce texte n’est pas une déclaration de Raël. En effet, le nom de son auteur apparaît en-dessous (Pierre Deslauriers, Laval, Québec) et curieusement, il n’est pas lu. Si Raël s’est déjà exprimé clairement sur sa position actuelle concernant ce genre d’accusation, il ne lui est pas demandé de s’exprimer sur ce texte datant de 15 ans, souvent utilisé par les mouvements anti-sectes.

Comme il devait sans doute en être l’éditeur responsable, Droits de l’homme sans frontières a demandé l’avis d’un porte-parole des raëliens belges : « Il y a 15 ans, il n’y avait pas de comité de lecture de la revue du mouvement et un certain nombre de points de vue de membres ont été diffusés qui ne correspondent pas à notre doctrine. Toutefois, il était indiqué dans la revue que les textes n’engageaient que leurs auteurs, ce que n’a pas dit l’émission. Actuellement, de telles erreurs ne sont pratiquement plus possibles. Nous sommes contre la pédophilie. »

Tout récemment, une affaire d’inceste impliquant un raëlien relance la polémique. Une mère de famille de l’est de la France découvre que son mari est devenu raëlien.

Corinne F. parle le visage masqué et accuse son ex-mari d’avoir abusé de sa fille aînée quand il est devenu raëlien. Rien ne vient recouper ce témoignage : ni celui du père ni celui de ses filles. Corinne déclare ne l’avoir appris que par le témoignage du petit ami de sa fille aînée, peu après son divorce survenu en 1998.

Aucune indication sur la période à laquelle les faits se seraient produits. Aucune preuve de l’existence d’une plainte et de poursuites en justice. Aucune possibilité de vérifier ces faits totalement inconnus des dirigeants raëliens de France et de Belgique qui ont déclaré à Droits de l’homme sans frontières désapprouver ces comportements s’ils ont bien eu lieu (8).

Le traitement extrêmement biaisé de ces accusations graves pose problème. Au nom de la loi ne semble pas avoir lu les jugements ni avoir fait des compléments d’enquête et l’impression est que ses informations semblent venir de quelque mouvement anti-sectes peu soucieux d’étayer ses accusations.

Curieusement, la conclusion de Au nom de la loi est assez modérée et ne s’inscrit pas dans le droit fil de ce qui a été montré et entendu auparavant. A l’analyse, il apparaît en effet, qu’elle en vient même à contredire les conclusions des commissions parlementaires française et belge sur le point très important de la pédophilie et de l’inceste, deux accusations récurrentes faites aux raëliens : « Ces dernières années, tous les écrits de la secte interdisent aux raëliens d’avoir des relations sexuelles avec des enfants ou des adolescents ». Une restriction toutefois dans ce commentaire positif : » Peur du gendarme, crainte des conséquences judiciaires, l’interdit sur les relations sexuelles entre adultes et enfants apparaît plus comme une précaution que comme une conviction profonde ».

Implicitement, Au nom de la loi dit qu’il peut y avoir eu des pratiques sexuelles illégales chez certains raëliens, mais que le mouvement a évolué et s’est corrigé. Le mouvement raëlien s’inscrit également dans le sillage de la révolution sexuelle de mai 68 et de ses dérapages. Le contexte sociologique a beaucoup changé dans les années 90 et le mouvement a adapté ou clarifié sa doctrine en la matière.

Dans cette partie de l’émission, force est également de constater que les journalistes belges n’étayent pas les accusations graves de pratique d’encouragement à la pédophilie et à sa déculpabilisation.

Aucun recensement du nombre de cas avérés de pédophilie chez les Raëliens. Aucune analyse statistique comparative avec d’autres religions ayant pignon sur rue ou avec l’ensemble de la population. Trois cas sont cités pour une période de 25 ans et ils sont extrêmement mal étayés. Et de nouveau, les journalistes ne tirent pas explicitement les conclusions de leur enquête.

3. Orgies sexuelles et partouzes ?
L’émission s’étend largement sur les codes sexuels des raëliens (bracelets de couleurs différentes pour indiquer le type de relations sexuelles recherchées) et reconnaît que les pratiques n’impliquent que des adultes.

Les cours d’éveil sensoriels ou sensuels sont l’occasion d’alimenter les fantasmes d’orgies sexuelles des téléspectateurs. Au nom de la loi déclare qu’il lui a été interdit de filmer et déclare « Le prophète et ses élèves préfèrent œuvrer dans l’intimité. Mais ce n’est un secret pour personne. On sait que Raël y développe notamment une liberté sexuelle sans limite. Une liberté que ses élèves revendiquent pleinement ».

Rien de secret pourtant car ce que ne disent pas les journalistes, c’est qu’ils ont été invités à y participer comme les autres stagiaires (9) et il n’y a eu aucun ébat à caractère sexuel qui aurait moralement pu les empêcher d’y participer.

Les filles, des objets sexuels potentiels de Raël mais consentantes ? L’émission le dit preuves à l’appui. Celles qui portent une plume rose autour du cou indiquent qu’elles réservent leur plaisir sexuel aux Elohim, quand ils reviendront sur la terre, ou à Raël, ou à défaut qu’elles se masturbent. Pour avoir cet honneur, elles devront avoir passé les tests de détection des maladies sexuellement transmissibles.

Faut-il s’étonner si, après de telles émissions pourtant très critiques, les raëliens reçoivent pas mal de coups de fil de gens « intéressés » par leur mouvement (peut-être plus que par leur doctrine) et peut-être pas toujours « recommandables » ? Et ce genre de reportage n’atteint-il finalement pas l’objectif inverse de celui qu’il poursuit ?

En résumé, tout ce que laisse entendre l’émission ne concerne que des adultes consentants et leurs diverses formes de pratiques sexuelles ne constituent pas des infractions aux lois. Les journalistes ne tirent pas explicitement de conclusion de ce point de leur enquête.

4. Les raëliens sont-ils des fascistes?
« Le meilleur des mondes selon Raël sera gouverné par les génies, ceux qui possèdent un quotient intellectuel élevé. Les êtres les moins intelligents seront exclus du droit de vote. Raël propose aussi de créer une race parfaite en contrôlant la reproduction. Des sous-humains fabriqués par clonage travailleront pour les élus et leur serviront d’objets sexuels. Le bonheur est pour demain».

C’est par ces mots que se termine le reportage des journalistes belges qui referment ainsi le dossier des raëliens sans leur donner la parole pour réagir à ces dernières accusations. Verdict final et sans appel. Or, nous sommes là en présence d’une dramatisation médiatique de l’utopie raëlienne alors que celle-ci n’a aucune chance de devenir un jour plus qu’une utopie. Dramatiser ces visions sans espoir de réalisation, sauf dans l’imagination des raëliens, semble manifestement excessif et un peu facile.(10)

Conclusions
En début d’émission, deux accusations majeures d’activités illégales ont été assénées au mouvement raëlien pour prouver que c’était une secte dangereuse : la récolte abusive de fonds et les abus sexuels commis sur des mineurs d’âge comme faisant partie intégrante de la doctrine du mouvement.

Nous avons vu qu’en fin d’émission il ne restait presque rien de ces accusations. D’autres ajoutées au dossier par les journalistes sont tout aussi mal étayées. Et pourtant, il faut reconnaître qu’on sort de cette émission avec l’impression que le mouvement est bien, en l’an 2001, une secte dangereuse.

Ce sentiment s’explique par les techniques que les journalistes ont utilisées tout au long de l’émission :

- l’accumulation systématique de pièces à charge qui mettent constamment les raëliens sur la défensive ;

- la complaisance à l’égard des accusations, voire leur prise en compte (endorsement) ;

- le manque de contrôle rigoureux des déclarations sensationnelles des détracteurs du mouvement ;

- la mise en doute de déclarations de raëliens allant à l’encontre des accusations stérétotypées et « corrections » sous forme de contre-interviews, de commentaires gratuitement négatifs voire ironiques ;

- la présentation d’informations incomplètes, non vérifiées ou non vérifiables à charge du mouvement ;

- l’expression de commentaires destinés à susciter la réprobation morale des bien-pensants et des réactions émotionelles négatives à l’égard du mouvement, notamment à la fin de l’émission où des accusations graves sont portées contre le mouvement sans possibilité de réaction ;

- le recours à la dramatisation médiatique ;
- l’absence de conclusions intermédiaires et finales clairement exprimées.

En conclusion, l’émission a simplement repris les stéréotypes en cours dans les pays francophones : par définition, une secte est dangereuse ou potentiellement dangereuse, et donc les médias se doivent de la dénoncer « courageusement ».

En fait, les médias tombent dans le conformisme le plus total sur ce sujet et ne prennent pas le moindre risque, puisqu’ils ne font que renforcer la pensée unique et le religieusement correct. Au-delà de la logique du débat autour des sectes, il y a une logique médiatique qui a besoin d’avoir ou de créer des événements pour faire des gros titres, et seul ce qui peut être présenté comme problématique ou controversé entre dans cette logique. La porte est alors ouverte à toutes les dérives.


Notes

Cette étude a été soumise avant publication à Massimo Introvigne, J.F. Mayer et Susan Palmer. Certaines de leurs observations ont été prises en considération.

(1) Ce reportage a été diffusé trois fois par la RTBF et cinq fois par TV 5.

(2) A propos du travail de ces commissions parlementaires, des déficiences graves en matière de méthodologie et d’enquête sur le terrain ont été largement dénoncées par le monde académique européen, notamment.

(3) Le CCMM est un mouvement anti-sectes dont le président, Alain Vivien, a été nommé chef de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes, mise en place par le gouvernement français à la suite du Rapport de la commission parlementaire d’enquête sur les sectes.

(4) En Belgique, où le mouvement raëlien compte tout au plus 300 membres, la vente est d’environ 200 livres par an. (Source : Enquête complémentaire de Droits de l’homme sans frontières.

(5) En fait, le baptisé n’a aucune obligation financière.

Les membres nationaux sont invités à verser au mouvement raëlien une cotisation dont le montant conseillé est de 3% de leurs revenus après paiement des impôts. Aucun contrôle des revenus des membres n’est toutefois opéré par un membre de la hiérarchie.

Les membres des structures, les responsables régionaux, nationaux et continentaux ainsi que Raël sont invités à verser une cotisation dont le montant conseillé est de 10% (3% + 7%) de leurs revenus après paiement des impôts, majoré de 1% pour Raël. Ces cotisations sont facultatives. Aucun contrôle des revenus des membres n’est toutefois opéré par un membre de la hiérarchie.

Selon une enquête réalisée au Québec par Susan Palmer, professeur de sciences religieuses au Dawson College à Montréal, 15% seulement des membres concernés cotisent 10% de leurs revenus.

(6) Un raëlien belge interviewé dans l’émission a déclaré à Droits de l’homme sans frontières que Raël vivait confortablement mais que son appartement n’avait rien de luxueux. Le point de vue du Professeur Susan Palmer sur ce point est le même.

(7) Enquête complémentaire de Droits de l’homme sans frontières : Au moment de l’émission Au nom de la loi, un jugement définitif n’avait pas encore été prononcé, l’inculpé s’étant pourvu en appel.

(8) Droits de l’homme sans frontières a essayé d’en savoir plus sur cette affaire. La branche française du mouvement raëlien s’est renseignée auprès de sa section locale et n’a pu trouver aucune trace d’une telle accusation ou d’une plainte déposée par Corinne F.

(9) Deux autres journalistes travaillant pour Charlie Hebdo – Antonio Fischetti et le dessinateur Tignous – étaient présents à ce stage en même temps que Au nom de la loi et s’y sont inscrits. Le 11 juillet 2001, Charlie Hebdo a publié un article intitulé « Club Med pour extraterrestres » qui présente le mouvement raëlien sous un jour bien différent.

(10) On peut trouver davantage d’informations sur ces accusations dans l’enquête réalisée sur le mouvement par Droits de l’homme sans Frontières (http://www.hrwf.net).




Source: http://www.dhsf.net/
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