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VOL. 01Wednesday 12th December, 2018NO.001

Le Nouvelliste (Trois-Rivières, Québec, Canada)
Québec, Canada

Actualités, mercredi, 6 juin 2007, p. 12

Position très délicate pour les avocats
Le juge refuse un plaidoyer de culpabilité en questionnant le fondement d'une accusation

Claude SavaryTrois-Rivières - Une décision rendue hier par le juge Jacques Trudel de la cour du Québec à Trois-Rivières a mis à la fois la défense et la poursuite dans une position fort délicate. Denis Nadeau, un homme de 47 ans de Trois-Rivières qui avait été arrêté à Lanoraie le 16 avril dernier pour des tentatives de commettre un attouchement sexuel et produire du matériel pornographique juvénile, avait accepté de plaider coupable à la première accusation.

Son procureur, Me Pierre Ayotte, et le procureur aux poursuites pénales et criminelles, Me Jean-Marc Poirier, avaient convenu de présenter une suggestion commune de neuf mois de prison après avoir étudié l'ensemble du dossier. Le juge Trudel avait dit aux parties qu'il se donnait quelques heures de réflexion avant de faire connaître son avis. En après-midi, le magistrat a expliqué qu'il ne pouvait accepter de rendre une sentence sur une accusation qui, à son avis, ne tenait pas compte de la réalité des faits. Selon son interprétation, on était assez loin dans ce dossier d'une tentative quelconque d'attouchement sexuel. Pour bien comprendre la situation, il faut savoir que Nadeau et un présumé complice, Jonathan Saint-Pierre, avaient fixé rendez-vous à une propriétaire d'une agence de mannequins dans une halte routière située à Lanoraie, en bordure de l'autoroute 40. Ils voulaient établir des contacts avec des filles de 11 et 12 ans, possiblement aux fins de les utiliser dans la production de matériel pornographique juvénile. Auparavant, selon la police, Saint-Pierre aurait communiqué avec les Raéliens pour qu'ils les aident à réaliser un rêve, soit d'avoir des relations sexuelles avec des jeunes filles et prendre des photos d'elles. Les Raéliens auraient avisé la police de cette requête plutôt étonnante. Une surveillance policière a alors été mise en branle et une équipe de cybersurveillance de la Sûreté du Québec s'est mise à l'oeuvre. Un agent se faisant successivement passer sur Internet pour un Raélien, une propriétaire d'agence de mannequins et une jeune fille de 12 ans a tendu un piège en donnant rendez-vous aux deux hommes à Lanoraie.
Hier, le juge a dit que sa compréhension des faits ne lui permettait pas de conclure qu'il y avait eu tentative d'attouchement sexuel. "On en est même très loin", a-t-il dit aux procureurs. Le juge ajouta qu'une accusation de complot lui paraissait plus logique. "Je n'ai pas plus de preuve pour un complot dans ce cas-là", a répliqué spontanément Me Jean-Marc Poirier. Ce dernier et Me Ayotte se sont trouvés un peu déstabilisés par la décision du tribunal. Ils ont donc convenu de retirer le plaidoyer de culpabilité sur le tentative d'attouchement sexuel de même que sur celui de tentative de production de matériel pornographique juvénile. Sarcastique, Me Ayotte a dit: "comme ça on va désacquitter mon client." Denis Nadeau, dans le box des accusés, a assisté impuissant à la scène. Son dossier a été reporté au 13 juin. Quant aux procureurs, ils ne savaient plus trop comment gérer la suite du dossier, compte tenu de la décision du juge Trudel. Me Poirier et Me Ayotte ont souligné, en dehors de la salle de cour, qu'ils allaient prendre le temps de réfléchir à la question au cours des prochains jours.

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Numéro de document : news·20070606·NV·0072


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